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AyurvedaL’Ayurveda en France : au-delà des tendances et des idées reçues

En tant que médecin ayurvédique, je réfléchis souvent à l’importance de l’Ayurveda dans la vie quotidienne des Indiens. Ma mère a été ma première enseignante de cette science ancestrale quand j’étais enfant, même si je ne m’en rendais pas compte à l’époque. Chaque jour elle faisait bouillir de l’eau avec des graines de cumin ou de coriandre pour que je la boive, et quand j’avais de la fièvre ou un rhume, elle préparait des inhalations de vapeur avec du tulsi et d’autres herbes de notre jardin. Ce n’est que lorsque j’ai commencé à étudier l’Ayurveda de manière formelle que j’ai compris que ces pratiques quotidiennes étaient ancrées dans ses principes. L’Ayurveda n’est pas seulement un système de médecine, c’est un mode de vie, surtout en Inde.

L’Ayurveda, cette ancienne science de la vie indienne, gagne en popularité en France, notamment auprès des femmes qui s’intéressent au yoga et au bien-être holistique. Ces deux disciplines sont étroitement liées et leur popularité va de pair. Mais en tant que médecin ayurvédique, je me demande souvent : comprenons-nous vraiment l’Ayurveda ou le remodelons-nous simplement pour l’adapter aux tendances modernes ?

Les quiz sur les doshas : une arme à double tranchant

Prenons par exemple le concept des doshas. Les doshas (Vata, Pitta et Kapha) sont fondamentaux pour l’Ayurveda et représentent les cinq grands éléments (terre, eau, feu, air et éther) qui nous composent. Vous avez probablement déjà vu ces quiz en ligne : « Quel est votre dosha ? » Répondez à quelques questions et voilà : vous êtes étiqueté Vata, Pitta ou Kapha. Mais voici le problème : ces quiz mesurent souvent le vikriti (nos déséquilibres actuels), et non le prakriti (notre véritable constitution à vie). Imaginez que vous puissiez juger le climat d’un endroit en vous basant sur un seul jour de pluie ! Notre prakriti est comme notre ADN : il est défini à la naissance et reflète notre équilibre naturel des cinq éléments (terre, eau, feu, air, éther).

Se fier aux quiz peut conduire à des régimes ou des routines erronés. Par exemple, une personne stressée peut avoir un score élevé de Vata (air/éther) et commencer à éviter les aliments « aggravant Vata », sans savoir que son prakriti est en fait Pitta (feu/eau). L’Ayurveda ne consiste pas à trouver des solutions rapides, mais à comprendre notre schéma unique. C’est pourquoi il est essentiel de consulter un médecin ayurvédique qui peut nous aider à comprendre notre prakriti et les déséquilibres que nous pourrions avoir.

Aucun dosha n’est « bon » ou « mauvais »

J’ai entendu des patients dire : « J’aimerais être plus pitta » ou « Kapha est tellement ennuyeux ». Cet état d’esprit découle de vieux préjugés culturels : les textes ayurvédiques, écrits il y a 3 000 ans, reflètent les normes sociales de leur époque. Mais en réalité, les doshas ne sont ni supérieurs ni inférieurs. Ce sont simplement des énergies qui gouvernent notre corps et notre esprit :

Vata : Créativité et mouvement (mais aussi anxiété en cas de déséquilibre).

Pitta : Passion et concentration (ou irritabilité si non contrôlée).

Kapha : Stabilité et calme (ou stagnation si excessif).

L’équilibre ne consiste pas à avoir des « doshas égaux ». Il s’agit d’honorer notre prakriti et de corriger doucement les déséquilibres.

Épices ≠ remèdes miracles

« J’ai commencé à ajouter du curcuma et du curry à tout ce que je mange. Est-ce que c’est de l’ayurveda ? » J’entends souvent cette phrase. Si les épices comme le gingembre, le cumin et la cannelle favorisent la digestion (agni), elles ne sont pas des remèdes miracles. Notre système digestif possède son propre écosystème, façonné par des années d’habitudes. L’inonder soudainement d’épices (ou copier des recettes sur Instagram) peut avoir des effets contraires à ceux escomptés.

L’Ayurveda nous apprend à respecter notre agni (feu digestif). Si notre feu est faible (ballonnements, fatigue, par exemple), des épices lourdes peuvent le submerger. S’il est fort (reflux gastrique, sensation de faim, par exemple), des herbes rafraîchissantes comme la coriandre peuvent nous aider. Il n’existe pas de solution universelle.

L’Ayurveda est un miroir, pas un livre de règles

La beauté de l’Ayurveda réside dans sa flexibilité : c’est un miroir qui reflète notre lien avec la nature. Mais comme tout miroir, il a besoin de clarté. Lorsque nous le réduisons à des étiquettes de doshas ou à des tendances en matière d’épices, nous passons à côté de sa profondeur.

Voici ma proposition :

Considérez les doshas comme un point de départ, pas comme une identité.

Honorez vos racines : la cuisine française a sa propre sagesse ! Intégrez doucement les principes ayurvédiques à votre style de vie.

Consultez un praticien pour découvrir votre prakriti (c’est comme rencontrer son véritable soi !).

L’Ayurveda n’est pas une question de perfection. Il s’agit de progrès, une étape consciente à la fois.

Si vous êtes curieux de connaître votre prakriti ou si vous souhaitez explorer l’Ayurveda au-delà des clichés publiés sur les réseaux sociaux, je suis là pour vous aider. Voyageons ensemble, avec patience et respect pour cette science ancienne.

L’Ayurveda ne consiste pas à rentrer dans une case. Il s’agit de se développer dans notre état le plus complet et le plus sain

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44570, Trignac, France

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